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 Gabin Fletribois

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Mohri'to



Messages : 7
Date d'inscription : 25/12/2017

MessageSujet: Gabin Fletribois   Dim 9 Sep - 21:39



Identité :

Nom : Fletribois

Prénom : Gabin

Surnom : Gab', tout simplement.

Race/Ethnie : Elezen, sylvestre

Âge : 27 ans, né le 17 ème soleil de la quatrième ère ombrale

Occupation : Membre des flèches divines, affilié à l'ordre des deux vipères et par extension depuis peu soldat de l'alliance éorzéenne. Il occupe le grade de sergent mais aspire a gravir encore les échelons.
Apparence :

Corpulence : Sa taille n'a rien de remarquable pour un elezen, il est situé dans la moyenne haute de ses confrères. Il est en excellente condition physique et arbore la musculature typique de ceux qui s'astreignent à un exercice quotidien. Il a l'air léger et agile.

Peau : Sa peau d'ordinaire pâle se colore peu à peu depuis qu'il est stationné dans le Thanalan et prend doucement un aspect plus cuivrée. Le soleil a aussi fait apparaitre depuis quelques tâches de rousseur sur son visage.

Cheveux : Ses cheveux mi-long sont d'un blond très pâle, et ondulent vaguement sur les pointes. S'ils étaient plus longs, ils seraient probablement bouclés.

Yeux : La couleur de ses yeux oscille entre le bleu pâle et le gris selon les jours.

Signes particuliers : La pudeur excessive dont il fait preuve même auprès de ses camarades de caserne semble dissimuler une tare physique dont une poignée seulement de personnes seulement peuvent se targuer de connaitre l’existence. Lui même n'aborde jamais le sujet, et il semble particulièrement chatouilleux à propos de celui-ci.  

Description physique :


Toujours engoncé dans ses tenues de service ou dans des vêtements cintrés à l'allure militaire, Gabin semble avoir du mal à "lâcher prise" en ce qui concerne son apparence. Toujours bien habillé et rasé de près, les taches sur ses vêtements ou ses faux-pas vestimentaires sont aussi rares que les plis sur son couvre-lit. Sa coiffure fait visiblement l'objet du même soin quasiment maniaque, tout comme l'arc long dont il ne se sépare pratiquement jamais.  
Il porte la plupart du temps sur l’œil gauche un cache-oeil afin de corriger un défaut de vision qu'il juge regrettable pour sa progression personnelle dans le domaine de l'archerie.

Description psychologique :


Lorsqu'il est en service, Gabin apparait comme un soldat modèle : Un homme capable et obéissant, loyal et très rigoureux dans l'accomplissement des taches qui lui sont confiées ou dans la formation des hommes qu'il a en charge. En revanche, il suffit de le fréquenter en civil pour découvrir une toute autre facette de la personnalité de celui qui peut apparaitre en premier lieu froid et intransigeant.
Au quotidien, c'est un homme doux et honnête, doté d'un gout prononcé pour l'humour absurde, la taquinerie et les mauvais jeux de mots. Même s'il tient à entretenir une image de droiture et de rigueur, sa maladresse sociale et sa franchise souvent mal avisée font bien souvent très vite voler en éclat cette dernière.
En revanche, s'il est la plupart du temps généreux et compatissant, il demeure pétri d'une éducation rigide au sein d'une famille favorisée et se montre parfois prompt au jugement d'autrui sur certains sujets. L'orgueil prend aussi parfois le pas sur sa personnalité sympathique, et il peut alors se révéler agaçant et hautain.
En matière d'alcool comme en matière de divertissement, il a des gouts pouvant être qualifiés de "bourgeois". Mais là encore, difficile de déterminer la part de ce qui appartient à sa véritable personnalité ou à cette image parfaite qu'il souhaite continuellement renvoyer.

Bon •••••••••• Mauvais
Loyal •••••••••• Fourbe
Aimable •••••••••• Antipathique
Altruiste •••••••••• Égoïste
Loufoque •••••••••• Sérieux
Chaste •••••••••• Luxurieux
Solitaire •••••••••• Sociable
Modeste •••••••••• Prétentieux
Réaliste •••••••••• Rêveur
Courageux ••••••••• Peureux
Paisible •••••••••• Violent
Clément •••••••••• Rancunier
Réfléchi •••••••••• Impulsif
Désintéressé •••••••••• Vénal
Modeste ••••••••• Ambitieux
Travailleur •••••••••• Oisif


Goûts et préférences :








Aime


  • La course à pied
  • Les paysages forestiers
  • Les habitudes bien ancrées
  • Jardiner
  • Les blagues (surtout les salaces)
  • L'alcool raffiné
  • La compagnie
  • Les chiens
  • Apprendre de nouvelles choses
  • La discipline
  • Lire
  • Les défis

Déteste


  • Les miqo'tes
  • Les excès
  • Son père
  • Les fautes de gout
  • La violence inutile
  • Que l'on évoque "cannelle"
  • Le non respect des règles
  • Le froid
  • L'insubordination
  • Le sable
  • Qu'on remette en question ses capacités
  • Son nom

Indifférence


  • La magie. Il n'y est absolument pas sensible et l'évocation même du sujet le fait bailler.
  • La mécanique. Ça ne l’intéresse pas, et s'il s'y essayait, il serait probablement médiocre.




Occupations :

Actuellement au poste de sergent et membre d'une troupe d'élite, Gabin aspire a gravir les échelons le plus vite possible. Pour cela, il tente de mèner une vie dénué d'excès et se targue de posséder un excellent dossier dépourvu du moindre blâme. Il passe également beaucoup de temps à entretenir sa forme physique et a perfectionner ses talents d'archer pour rester au niveau.

En dehors du temps passé à la caserne et de celui consacré à perfectionner ses capacités, il aime occuper ses temps libres en jardinant. Il n'est pas rare de le voir à quatre pattes dans son petit jardin a essayer de créer de nouvelles variétés de fleurs ou de tenter de donner la forme idéal à un rosier. Une passion dans laquelle il se montre un brin maniaque... Il regrette toutefois que le climat d'Ul'dah limite aussi drastiquement les possibilités.

Combat et talents :

Il utilise un arc long, le même depuis des années. Il a une bonne vue et fait preuve de beaucoup de précision, ses flèches trouvent presque toujours leurs cibles. Au corps à corps en revanche il est plus vulnérable : Il a toujours à portée de main un couteau pour se défendre mais il n'est clairement pas taillé pour le combat rapproché. Son entrainement militaire lui permet de maitriser quelqu'un dans certaines circonstances, mais la force brute n'est pas son fort : Si échauffourée s'éternise, il n'a que peu de chance d'emporter la victoire. Heureusement pour lui jusque là, il s'en est plutôt bien sorti.
Doté de bonnes capacité analytiques, il préfère élaborer des stratégies plutôt que de se lancer à corps perdu dans une situation potentiellement dangereuse. Habitué à évoluer dans la forêt de sombrelinceul, ce terrain n'a que peu de secret pour lui, tout comme la faune qui le peuple. Toutefois, sa nouvelle mutation à Ul'dah lui a fait perdre ses repères et il a besoin de temps afin de mener de nouveau ses hommes avec la même aisance qu'il le faisait à Gridania.


Rumeurs :

Répandues :
« C'est un soldat. Un sergent, à ce qu'il paraît. Un peu trop propre sur lui pour être vraiment efficace si vous voulez mon avis. » Un voisin de la caserne d'Ul'dah.

Localisées :
« Une famille de fumiers. Qu'ils crèvent tous, le monde s'en portera mieux. » Habitant de Gridania

« Je l'ai vu trainer avec une gamine... Il lui donnait un sandwich ! Alors moi, pensez-vous, je surveillais ! » Habitante de la Coupe

« Il vient jamais avec nous après l'boulot... On pensait que c'était un snob, mais finalement, c'pas un mauvais gars. » Soldat des immortels- Ul'dah.

Secrètes :
« Oh, ça ne saurait tarder pour que son taré de père sorte de cellule. Vous savez, ces gens là, ils ne restent jamais bien longtemps derrière les barreaux. » Flèche divine- Gridania.


Relations :

Amour
Amour à sens unique
Amour platonique
Amour fraternel et/ou familiale
Attirance sexuelle
Forte amitié
Amitié
Compliqué
Connaissance Neutre
♦+  Bonne connaissance
♦-  Mauvaise connaissance
S'entend bien avec
Rival
Méfiance
Ennemi


Alaric Estrelain : « Tu es un vrai con, mais un bon pote. »
Si on lui pose la question, Alaric est un soiffard, bagarreur, courreur de jupons, en plus d'être doublé d'un emmerdeur fini et de se vautrer dans l'insolence et l'excès.  Mais malgré tout... Sur le terrain c'est un bon soldat.Il lui voue  une confiance quasiment absolue. Il s'en étonne lui même, considérant qu'il y a peu, il souhaitait retrouver ce vieil ami d'enfance pour lui coller son poing dans la figure.
En réalité, Al' soulève une multitude de sentiments plus ou moins contradictoires qu'il ne préfère pas, ou plutôt ne plus explorer. C'est son subalterne et un ami précieux. Et il ne doit être rien d'autre.  

Qinna Rhelanna : ♦+  « Désolé, ce n'est pas vous... Ce sont vos poils. »
Il a tout d'abord craint d'avoir vexé cette petite miqo'te dont il trouve le balbutiement aussi adorable qu'amusant. Heureusement, elle ne semble pas s'être formalisée de son attitude insultante et au fil des rencontres, il a l'impression qu'une certaine forme d'amitié, ou plutôt de sympathie mutuelle est née entre eux. Il la trouve douce et aimable, même s'il ne partage pas son goût pour « l'humour scientifique » qui le laisse complètement indifférent.  

Vanthelme Vigneloix : « Je comprends votre réticence... Mais je la trouve préjudiciable»
Un personnage étrange qui lui a tenu quelques propos sur son étonnante magie et le destin.  Des sujets sur lesquels il admet volontiers sa totale ignorance. L'homme s'est révélé bien avare en renseignements et répondait par des questions surprenantes, voire même dérangeantes. Il n'est pas désagréable, mais l'étrangeté de cette personne le met mal à l'aise.

Alderique Valtin :♦- « Un pur produit Ishgardais. »
Un chevalier dragon dont la conversation est aussi apaisante et agréable que si elle était tenue assis sur un coussin rempli de poils à gratter avec une dizaine de glaçons dégoulinant dans le dos. Ses renseignements sur Ishgard et les entrainements de ses troupes sont précieux et ses récits de guerre intéressants... Mais sa compagnie n'a rien de sympathique.

Neji'li Lihzeh : « Votre tenue est aussi impeccable que vos manières »
Le suivant d'Alderique qui semble déployer quantité d'efforts plus ou moins utile pour tenter de sociabiliser son employeur. Peine perdu, à son avis. Il est bien éduqué et sa conversation est agréable, il ne mettrait pas longtemps à trouver un autre emploi. Il se demande ce qui le retient.

Judicael Hastings: «Merci, Lieutenant. C'est entendu... Et apprécié »
Judicael correspond presque en tout point à l'image qu'il se fait habituellement de ses supérieurs et de ce qu'ils doivent être. Sérieux, incorruptible et intransigeant : Aussi froid et implacable qu'une machine. Du moins, c'est ce qu'il croyait jusqu'à récemment. Il a découvert un coté humain de sa personnalité qui ne lui retire rien de ses autres qualités. Pour ça, il le respecte beaucoup.

Jae'a Selida
: « C'est ainsi que les gens discutent au quotidien vous savez ? »
Il l'a croisé quelque fois au manoir où il a pu juger de son bon goût vestimentaire et a pu assister à certaines de ses démonstrations. Mais les épreuves qu'il a vécu semblent lui avoir forgé un caractère méfiant et une attitude glaciale. Il ne le trouve pas désagréable pour autant, il suffit de savoir le prendre.

Sybille Estrelain
 : « Tu as tellement changé... »
Son amour de jeunesse. Heureux tout d'abord de la revoir, il a vite déchanté en découvrant la personne qu'elle était devenue. Hautaine, suffisante et superficielle, il n'est pas certain de vouloir encore même la fréquenter...  

Ozymandias Landerel : « Je n'ai pas besoin d'un mercenaire. Mais j'aurai toujours besoin d'un ami »
Même s'il l'ignore surement, Ozymandias a été celui qui a mis fin à un cycle de mensonge autodestructeur. Et même si les circonstances étaient particulièrement regrettables, il a été le premier a lui reconnaître  -du moins à le formuler- le droit de déroger à cette idée qu'il se fait de la perfection et à la discipline à laquelle il s'astreint.  Il a été témoin de la douceur et de la sollicitude de cet homme et espère pouvoir le compter parmi ses proches encore longtemps.

Isambard Fauchetemps: « Qu'est ce que tu aimerais vraiment faire, maintenant ? »
Un jeune homme dont la charge lui a été confié un beau jour dans le cadre d'une mission de réinsertion. Heureusement pour lui, Isambard semble corroborer toutes les nobles idées qu'il entretient sur celle-ci et se révèle être un élève doué et enthousiaste dans la voie qu'il a nouvellement emprunté. Il entretient de grands espoirs concernant son avenir, et il lui redonne confiance en lui même.

Gabrielloix Flétribois [PNJ]: « Je ne te ressemble pas. »
Son père. Actuellement incarcéré dans les geôles de Gridania, ils ne se sont pas revus depuis des années. Malgré tout, la haine qu'il éprouve à son égard est toujours aussi forte et met à mal les nobles idéaux qu'il entretient sur la justice. Il redoute le jour où il sera libre, et préfère ne pas y songer.

Victoria Flétribois [PNJ]: « Relevez la tête, s'il vous plait ... »
Sa mère. Il la tient en très haute estime et admire le courage et la détermination avec laquelle elle a traversé les épreuves qui se sont présentés à eux. Mais même le plus hardi et loyal des capitaines fini par abandonner son navire naufragé... Il est prêt à n'importe quel sacrifice pour lui permettre de porter de nouveau fièrement son nom.

Jipupu Jipu : ♦+ «C'est adorable, vraiment ! »
Une charmante petite lalafelle qu'il croise au manoir voisin, parfois. Il l'observe comme d'autres observent les chiots... Il la trouve adorable et il s'amuse souvent des piques que peuvent lancer sa langue acérée. Qui aurait pu croire qu'une si petite créature pouvait être aussi redoutable ?
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Mohri'to



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MessageSujet: Re: Gabin Fletribois   Mer 12 Sep - 20:48

[Petit texte RP, pour le simple plaisir d'écrire ! ]

Accroupi dans la pénombre, le jeune Gabin Fletribois portait à ses lèvres ses doigts blessés. Le goût salé et amer qui envahit sa bouche l’écœura. Debout au milieu de sa chambre, frissonnant, il serrait les mâchoires pour empêcher ses dents de claquer : L'air glacé de la nuit s'insinuait par le carreau brisé et transperçait sa chemise. L'agitation rendait ses mouvements incertains, il prit alors une grande inspiration pour tenter d'apaiser le martellement de son cœur qui cognait douloureusement dans sa poitrine.

La leçon durement apprise, il essuya sa main dans ses draps et se contenta de pousser du pied les débris de verre qu'il avait tenté de ramasser. Il songeait avec amertume qu'il y a une lune à peine, Sylvaine aurait accourue précipitamment à ses cotés pour s'enquérir de l'origine du fracas qui l'avait fait bondir de son lit. Mais à son grand regret, et bien qu'elle travaillait au domaine depuis plus de vingt hivers,  elle avait elle aussi fait partie du bal des domestiques qui avaient quittés en toute hâte le domaine par crainte de voir l'opprobre tomber sur leur famille à leur tour.
Sa mère leur avait souhaité à tous une bonne continuation et les avait remercié pour leurs bons services. Elle avait glissé à chacun un mot aimable et avait versé leurs derniers gages, mais elle n'avait signé aucune lettre de recommandation. Elle savait qu'aucun n'en aurait voulu.

Une fois les débris écartés, il se mit en quête du projectile et fini par le trouver sous son lit. Il attrapa la pierre, la fit rouler un instant entre ses doigts et la renvoya de toutes ses forces par la fenêtre, non sans faire le vœux silencieux qu'elle toucherait par le plus heureux des hasards son expéditeur.  Il savait les probabilités quasiment nulles et se reprocha sa mesquinerie, mais se surpris tout de même à tendre l'oreille pour espérer entendre un râle de douleur. Peine perdue. Seul le vent sifflant par l'ouverture inopinée se fit entendre.  

Soudain, il eu la certitude qu'il ne pouvait plus rester ici. Pas tout seul, au milieu de cette grande pièce obscure, à la merci de la prochaine manifestation de haine. Guidé par la seule lumière de son bougeoir, il traversa alors d'un pas vif la chambre de nourrice désormais vide et froide qui juxtaposait la sienne pour gagner le corridor et entreprit de le dévaler quasiment au pas de course. Lorsqu'il passa devant la porte du bureau de son père, il s'interdit d'y jeter un œil.

Bien plus par crainte superstitieuse que par raison, il marchait au milieu du couloir afin d'éviter de ne serait-ce que frôler les murs. L'angoisse lui semblait en suinter comme de la poix et la maison qui était jadis magnifique et chaleureuse lui apparaissait désormais comme la gueule béante d'un animal mourant.

Il poussa un soupir de soulagement lorsqu'il aperçu enfin un rai de lumière sous la porte du petit salon de sa mère. C'était son antre à elle, l'endroit depuis lequel elle prenait toutes les décisions importantes depuis de nombreuses années et gérait ses affaires d'une main de maitre. On y faisait venir les gens importants pour conclure des contrats et on y comptait avec soin les recettes du domaine. Parfois même, on y prenait d'interminables gouters au cours desquels on négociait impitoyablement des marchés. C'était un endroit où les adultes prenaient les choses en main : Autrement dit, un ilot paisible dans une tempête déchainée. De tout son cœur, alors qu'il frappait comme d'habitude deux petits coups distincts pour signaler sa présence, il espérait qu'il en demeure toujours ainsi.  

Sa mère était là, assise derrière le bureau dans son éternel fauteuil en chêne massif. Mais quelqu'un dans un grand geste d'humeur avait fait voler tout ce qui reposait dessus et les feuilles gisaient désormais sur le sol, éparpillées parmi les plumes et les encriers. Lorsqu'il l’aperçut le visage enfouie dans ses bras croisés, il pria pour que ce ne soit que la colère.

Elle releva la tête à son approche et planta ses yeux bruns dans ceux délavés de son fils. Il les tenait de son père. Des yeux « si clairs qu'ils ne peuvent mentir », comme elle aimait à le dire lorsqu'ils se sont rencontrés. Pour sa part, il ne lut dans les siens qu'une sourde résignation. L'éclat de malice qui dansait jadis dans les yeux de sa mère semblait voilé, presque éteint, comme une braise mourante dans un foyer mal entretenu.  Elle baissa le regard et fronça les sourcils en découvrant ses pieds nus.
« Qu'est ce que tu fais ici ? »
« Mon trésor ? »  Elle ajouta le surnom affectueux en recomposant un sourire pour adoucir la brutalité de sa question.

« Ils ont jeté une pierre contre la fenêtre de ma chambre » Il avait voulu répondre d'un ton dégagé, comme elle lui avait appris à le faire lorsqu'ils étaient confrontés à ce genre de choses mais il entendit sa propre voix se briser lorsqu'il ajouta
« Elle est cassée... » . Comble de l'échec, le mouvement d'épaules qu'il avait voulu désinvolte se changea en sursaut nerveux. Il déglutit en constatant et maudissant la faiblesse de son caractère. Sa mère le dévisageait en silence et une expression peinée tordait ses lèvres.

Il sentit les larmes lui monter aux yeux et fit semblant de se gratter la joue pour les écraser derrière ses paupières. Soudain, il précipita une question pour briser le douloureux silence qui naissait entre eux.
« Pourquoi ? Pourquoi ils font ça ? »
Elle se redressa sans un mot et fit le tour du bureau. Tandis qu'elle ramassait quelques affaires pour les reposer sur la table, il remarqua que sa robe flottait sur sa silhouette à présent.
« Parce qu'ils sont tristes, et que la colère est plus aisée à exorciser que le désespoir, alors ils les confondent pour pouvoir guérir. Ils pensent se soigner ainsi, en infligeant aux autres des peines à mesure de leur propre souffrance. Et puis... »
Elle s'éclaircit la gorge et l'expression de son visage changea.
« Ils veulent se rassurer. Se dire que tout ce mal ne vient pas d'un homme seul, mais aussi de ses complices. D'une meute de bête. Un homme seul peut passer inaperçu, pas une troupe de monstres. Ainsi, ils ne pourront pas passer à coté de la prochaine... »
Elle avait déclamé son monologue d'une voix sans timbre et lorsqu'elle l’eut achevé, se tourna vers son fils qui la dévisageait, interdit. Il ne l'avait jamais entendu dire du mal de son père jusqu'à présent. A mesure qu'il prenait conscience du poids de ses paroles et de l'ampleur de la fracture qui naissait au sein de sa famille, il sentit quelque chose se briser en lui.

La gorge serré, il balbutia:
«Mais... Ne peut-on pas s'en aller ? Aller vivre ailleurs ? »
La femme émit un reniflement dédaigneux.  
« Et céder notre place devant la haine aveugle ? C'est hors de question. Mes ancêtres ont dû se plier en quatre pour obtenir l'autorisation des esprits de la sylve de nous installer ici, et il est hors de question que nous abandonnions nos terres. Notre place est ici depuis, et elle le sera toujours. Maintenant, va te coucher Gabin. Tu trouveras des draps propres dans la chambre du fond.»

Ainsi elle le congédiait. Le cœur lourd, il lui adressa une brève révérence et tourna les talons pour affronter de nouveau les ténèbres du couloir. En refermant la porte derrière lui il ne trouva pas le courage de lui avouer qu'il craignait moins la fureur des esprits que la colère des hommes.
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Mohri'to



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MessageSujet: Re: Gabin Fletribois   Mar 18 Sep - 11:32

[Nouveau p'tit texte RP]

Cela faisait des années qu'il n'avait pas remis les pieds dans cet endroit, et pourtant, seuls les visages semblaient avoir changés. Les mêmes barreaux rouillés que dans ses souvenirs, les mêmes dalles froides sur lesquelles claquaient les talons des officiers et les mêmes couloirs interminables où se répercutaient lamentations et insultes. Il lui sembla  que les cellules étaient plus fréquentées que lors de sa dernière visite, mais il n'eut pas le loisir de s'attarder sur cette réflexion. Le regard braqué sur le dos de l'homme menotté qu'il poussait devant lui, il marchait d'un pas vif, pressé de laisser derrière lui l'air vicié de l'endroit et son aura lugubre. Le soldat Keith, plus coutumier de la procédure, marchait tranquillement sur ses talons et lui parvenait parfois les bribes de l'air populaire et vaguement paillard qu'il sifflotait doucement.

Lui tachait seulement de ne pas prêter attention aux appels et moqueries qui fusaient sur leur passage : C'était le lot commun de tout maton s'aventurant dans les geôles après tout. Mais soudain, parmi la cohue des voix qui s’élevaient depuis les cellules, l'écho de l'une d'entre elle vrilla sa poitrine d'une douloureuse aiguë et fit courir un frisson glacé sur son échine. Il se figea sur place, bien malgré lui, et tandis qu'il se tournait vers son propriétaire, réalisait avec effroi à quel spectre de son passé il allait devoir faire face.

Depuis la cellule toute proche, son père le dévorait du regard, une insupportable lueur d'espoir luisant au fond de ses yeux clairs.
«Gabin, c'est toi ? »

Depuis le jour où il avait enfilé son costume militaire il avait redouté ce moment, en sachant pertinemment qu'il était inéluctable. Maintes fois il avait rêvé des mots qu'il prononcerait alors, avait imaginé leur conversation, s'était vu parfois pris d'un accès de pitié ou de rage qui le jetait contre les barreaux de la cellule. Mais à cet instant même, il se sentait vide, incapable de prononcer le moindre mot, de faire le moindre mouvement. Le temps était suspendu tandis qu'il contemplait ce qui lui apparaissait comme un reflet cruellement fidèle.

Un visage aux aplats sculpturaux encadré d'une chevelure brune et bouclée, aux yeux d'un bleu que l'obscurité avait délavé d'avantage. Les années de détention avait fané sa beauté, mais l'homme qui se tenait devant lui avait sans nul doute conquis de nombreux cœur au cour de ses jeunes années. Y compris celui de sa mère.  

Keith, apprécié pour sa subtilité et sa discrétion, fit une nouvelle fois honneur à sa réputation en saisissant les poignets de leur prisonnier avant de poursuivre son chemin :  « Je vous attends plus loin, sergent. » Puis il s’éloigna, ses pas battant la cadence de son drôle d'air.

Gabin s'approcha pour mieux discerner les traits si familier de son interlocuteur et fit silencieusement le décompte des années écoulées. Une décennie, peut-être même bien plus, séparait leur dernière rencontre. Lorsqu'il fut suffisamment près, son père tendit sa main à travers les barreaux pour lui effleurer le visage. Le jeune homme eu un sursaut de recul aussi brutal que s'il avait brandit un tisonnier brulant. La peine tordit la bouche du prisonnier qui poussa un profond soupir. Son souffle avait un étrange sifflement maladif.

De la voix rauque de celui qui ne parle plus depuis longtemps, il murmura: « C'est mérité, je suppose. »

Autour d'eux, les prisonniers s'étaient tus. Ou peut être ne les entendaient-il plus.
-"Pourquoi ?
Il avait voulu former une phrase cohérente, mais les mots se bousculaient à ses lèvres et seule cette interrogation parvint à franchir la boule qui nouait sa gorge.
-Vous aviez l'amour de mère, de l'argent, un domaine, une carrière... » Et vous m'aviez moi se retient t-il d'ajouter.
-Pourquoi ?
-Parce que je suis malade, Gabin.
L'homme s'humecta les lèvres tandis qu'il semblait chercher ses mots. Il saisit les barreaux de ses deux mains pour se hisser de toute sa hauteur et plonger son regard dans celui de son fils.
-Je suis malade, tout comme l'était mon père avant moi.  
Les jointures de ses mains usées blanchirent tandis qu'il les crispait sur les barreaux en grimaçant et secouait la tête comme pour chasser des souvenirs inopportuns.
-C'est quelque chose qui vient de notre sang. Une malédiction irrésistible, implacable. Et qui coule dans tes veines à toi aussi.
Ses yeux brillèrent d'une étincelle mauvaise et ses lèvres se fendirent sur un rictus amer.  
-Tu me déteste, mais tu seras contraint de réviser ton jugement, tu verras. A ton âge, je m'étais juré à moi aussi que je ne serais pas le même monstre que mon géniteur. Que ce serait facile de combattre mes pulsions. D'être bien plus que ce qu'il était. Mais plus tu les ignores, plus elles t'obsèdent. Chaque soleil, chaque cloche. Chaque instant. Plus rien d'autre n'a d'importance, de saveur. Seul le crime te permet de respirer, et ce n'est que provisoire. »

Le jeune homme demeurait sans voix. Il était au-delà de la colère, de la honte ou de la pitié. Une terreur enfantine qu'il avait tenté d'étouffer durant toutes ces années, bien au delà même des mots, secouait tout son être et balayait tout le reste.
Semblant puiser courage et encouragement dans la réaction viscérale de son interlocuteur, le vieil homme pointa son index décharné sur la veste du militaire et ses insignes. La compassion que Gabin discerna dans son regard et le timbre de sa voix lui plus insupportable encore que son sourire amusé.

« Et même ton uniforme ne te protégera pas, mon garçon. »

Soudain, il pris conscience de la douleur qui irradiait de sa mâchoire tant il serrait les dents, puis de l'engourdissement de ses membres.  Il crispa les poings, mécaniquement, et tandis qu'il reprenait le contrôle de son corps, retrouvait celui de son esprit également.
Il posa un regard neuf sur l'être qui lui faisait face. Une bête usée, laide et impuissante, derrière de solides barreaux de fonte. Une créature neutralisée par la justice, et pour de bon. Se désintéressant subitement de celle-ci, il tourna les talons sans même un regard en arrière.  

« Je ne vous ressemble pas. »

Le sergent avait  tué depuis longtemps les monstres sous son lit. Celui qui manquait à son tableau de chasse venait lui aussi de mourir.
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